CV et lettres de motivation

Que se passe-t-il si l'on ment sur son CV ?

Mentir sur son CV peut avoir de lourdes conséquences pour la personne en mise cause. Inutile de vous rappeler que les recruteurs sont généralement tout à fait capables de démêler le vrai du faux, et que le mensonge peut vous coûter cher – en l’occurrence, votre carrière. Cela étant, de nombreuses personnes ont déjà menti, ou du moins enjolivé certaines choses sur leur curriculum vitæ.

Considérer que les « petits mensonges » sont toujours à moitié pardonnés et que « tout le monde le fait », peut s’avérer dangereux. L’omission, en revanche, peut passer entre les mailles du filet, mais le risque demeure si cela venait à s’apprendre. Dans cet article, nous vous expliquons à quels risques vous vous exposez et ce que vous pouvez faire plutôt que de mentir sur votre CV.

Pourquoi mentir sur son CV ?

« J’ai personnellement beaucoup menti sur mon CV, affirme par exemple Alex Goullet sur la plateforme Quora. Le fait est qu’en disant la vérité, je n’aurais pas eu accès à certains jobs qui m’intéressaient. Pour ma part, c’est principalement car j’ai fait trop d’études et que cela aurait forcé certaines entreprises à me donner un coefficient élevé. » La plupart des candidats qui mentent sur leur CV le font avant tout pour une raison précise : obtenir un emploi coûte que coûte.

Mentir leur semble le seul moyen d’enjoliver leur CV, notamment s’ils pensent ne pas avoir les compétences nécessaires pour un poste. Ou alors, il leur manque un diplôme essentiel à la prise de leurs fonctions. Certains mensonges sont plus flagrants que d’autres mais pour la plupart, ils passent inaperçus aux yeux des recruteurs. Pourtant, comme il est depuis longtemps d’usage dans les pays anglo-saxons, vérifier les références des futurs employés avant l’embauche n’est pas compliqué, et de plus en plus d’entreprises en France y ont recours.

Une autre raison qui peut vous pousser à mentir : une période d’inactivité. Laisser apparaître un trou dans son CV n’est pas vraiment du goût des recruteurs, qui se demandent ce que vous avez fait durant cette période. Comme le marché de l’emploi est concurrentiel, certains préfèrent risquer le tout pour le tout en s’inventant des expériences professionnelles qu’ils n’ont jamais eues. Par ailleurs, laisser un blanc sur son CV peut aussi laisser penser au recruteur que vous êtes fainéant. Le mensonge permet aisément de de combler les zones laissées blanches.

Quels sont les mensonges les plus fréquents ?

L’un des mensonges les plus courants consiste à inventer ou permuter une expérience professionnelle. Ainsi, le candidat change par exemple son stage en CDD, voire en CDI. Dans le même ordre d’idées, il peut modifier l’intitulé de sa formation ou bien changer un Bac +2 en Bac +3 pour gagner une année de formation. Prolonger une expérience de plusieurs mois, voire de plusieurs années, est aussi monnaie courante sur les CV des candidats. Si bon nombre d’entre eux ont pu passer entre les mailles du filet, sachez que les employeurs sont désormais plus vigilants pour traquer ces pratiques.

Les faux diplômes abondent aussi sur les profils des candidats. Certains misent sur des formations à l’étranger pour ne pas éveiller les soupçons, surtout lorsqu’ils mentionnent une soi-disant grande école, car ces dernières conservent souvent la liste de leurs alumni, c’est-à-dire de leurs étudiants sortants. Ne négligez pas le fait que vous pourriez aussi tomber sur un recruteur qui connaît votre formation ou, même, qui pourrait avoir fréquenté la même école que vous.

Un candidat peut aussi mentir sur un diplôme qu’il n’a pas eu malgré une formation qu’il aurait bel et bien suivie. Ou bien encore sur l’intitulé de son poste pour qu’il corresponde un peu plus à la fonction qu’il vise et aux attentes du poste. Le candidat cherche ainsi à faire croire qu’il a eu plus de responsabilités que dans la réalité.

Que risque-t-on lorsque l’on ment sur son expérience professionnelle ?

Dans la plupart des cas, les responsables de mensonges écopent de sanctions professionnelles avant tout – les condamnations pénales restent très rares. Un menteur démasqué doit s’attendre à se faire « black lister » par l’entreprise. Sheila Cadeau, coach recruteur, précise : « Il ne pourra plus jamais postuler dans l’entreprise. Il perd toute crédibilité. Et attention au bouche-à-oreille entre les professionnels des ressources humaines ! Ils peuvent se prévenir mutuellement pour bloquer le candidat partout. »

Les agences d’intérim, elles, ont généralement tendance à vérifier systématiquement les profils de leurs candidats. « J’ai déjà mis des personnes de côté, reconnaît Sheila, qui a occupé un poste de chargée de recrutement dans plusieurs cabinets d’intérim. En contrôlant les références des candidats, on sait assez vite si le candidat nous a menti. S’il s’avère que c’est le cas, le candidat réduit à néant toutes ses chances de travailler avec l’agence. »

Gardez à l’esprit que pour un employeur, vérifier vos références est simple : il suffit souvent de passer un coup de fil à votre ancien manager. Par ailleurs, il est de nos jours aisé de trouver des informations vous concernant sur Internet. Pour un poste de journaliste, par exemple, le rédacteur en chef peut vérifier en ligne qu’il y a bien des articles signés de votre nom sur le média pour lequel vous dites avoir travaillé.

Quels sont les mensonges facilement pardonnés par les recruteurs ?

Il n’est pas toujours évident pour un recruteur de faire confiance à un candidat dès lors qu’il a menti. Peu importe la gravité du mensonge, le recruteur pourrait dorénavant se montrer méfiant quelle qu’en soit la raison. Cela étant, face à certains éléments que vous auriez omis ou dissimulés sur votre CV, il pourrait se montrer plus clément. C’est par exemple le cas concernant votre adresse physique. Certaines personnes préfèrent dire qu’elles habitent à Paris plutôt que de mentionner une ville en banlieue ou un quartier mal fréquenté. Ce genre de mensonge est globalement accepté.

Certains candidats évitent également de mentionner leur handicap, surtout si le poste n’indique pas explicitement qu’il est par exemple ouvert aux personnes à mobilité réduite. Cela dit, les recruteurs n’aiment pas les mauvaises surprises alors dans la mesure du possible, soyez honnête. Mais si vous êtes qualifié et à même d’occuper ce poste, il n’y a pas de raison qu’ils n’acceptent pas votre handicap – et si c’est le cas, c’est de la discrimination à l’embauche. Dans le même ordre d’idée, certains candidats préfèrent envoyer un CV sans photo, pour éviter toute possible discrimination basée sur le sexe ou la couleur de peau.

Il arrive également que certains employeurs soient réticents à l’idée de travailler avec des candidats qui ont une entreprise à côté. Les postulants proscrivent donc certains mots qui pourraient freiner l’entreprise recruteuse, ou font passer leur expérience liée à leur propre entreprise pour une expérience salariée. Parfois, ils vont jusqu’à omettre totalement cette expérience pour ne pas éveiller de soupçons.

Comment étoffer son CV sans avoir à mentir ?

« Gonfler un CV sans mentir, cela revient tout simplement à parler de ses expériences extra-professionnelles. Parlez de vos expériences de bénévolat si vous en avez, de vos investissements associatifs, de vos exploits sportifs ou de vos hobbies, de vos aptitudes dans tel ou tel domaine. Voilà une manière de « gonfler » habilement et honnêtement votre CV et, surtout, de montrer que vous avez plusieurs cordes à votre arc », rapporte Sheila Cadeau, coach recruteur.

« Une aptitude mentionnée sur le CV, même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une compétence, permet de voir si un candidat pourra s’adapter et apprendre rapidement. Au moins, le recruteur sait que cette tâche l’intéresse et il pourra éventuellement se former en interne. » N’oubliez pas non plus la rubrique « qualités » de votre CV, qui permet de montrer que vous avez des savoir-faire et des savoir-être qui vont au-delà de votre formation ou de votre expérience professionnelle. Cela peut faire toute la différence, peu importe le poste recherché.

Plutôt que d’avoir à mentir, faites-vous confiance et assumez de parler de vos qualités. Vous en avez, c’est sûr ! Concernant les « trous » temporels sur un CV, assumez là encore vos choix de vie. Votre année sabbatique n’a pas besoin de se transformer en différentes expériences professionnelles. Il est plus intéressant et plus productif d’être honnête à ce sujet. Un road trip ou un déplacement familial à l’étranger ne sont par exemple absolument pas rédhibitoires pour les recruteurs si vous savez les mettre en avant. Le mensonge est rarement payant, vous valez mieux que cela !

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