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Échange universitaire, volontariat international, expatriation professionnelle…Les raisons d’un départ à l’étranger d’un actif ou d’un salarié, et la nature même du projet au départ sont multiples… Dans cet épisode, nous allons nous intéresser à la mobilité internationale et notamment en période Covid.

Nous revenons sur le sondage Opinion Way pour Indeed – Mobilité internationale et Covid 19 – Regards croisés entre étudiants et actifs. Une enquête réalisée du 24 septembre au 02 octobre dernier auprès de 2 échantillons : 1076 étudiants d’un côté, et de 1065 actifs de l’autre. 

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Tous les épisodes du programme sont à retrouver dans leur intégralité sur jobradio.fr, disponibles également en vous abonnant depuis l'ensemble des plateformes de diffusion de podcast. Bonjour Éric Gras.

Bonjour Jean-Baptiste.

Vous êtes Évangéliste du recrutement chez Indeed. Au moment où nous parlons, sur indeed.fr, est-ce que l'on peut avoir une idée comme ça du nombre d'offres d'emploi proposant aux candidats de partir à l'étranger ?

Oui, bien sûr. Alors, précisons qu'Indeed est un moteur de recherche, il n'y a pas de filtre particulier pour sélectionner une mobilité à l'étranger. Par contre, si on tape sur Indeed France « Emploi mobilité internationale », ça donne déjà un ordre d'idée de toutes les offres d'emploi qui proposent ce genre de mobilité. Et à l'instant T, j'ai fait le calcul à l'instant, on a à peu près 2 % de l'ensemble de nos offres. Donc on a un peu plus de 850 000 offres d'emploi aujourd'hui et donc ces 2 %, ça représente à peu près 12 000 offres d'emploi qu'il y a aujourd'hui disponibles et qui proposent une mobilité internationale.

Alors, dans cet épisode, on va revenir sur le sondage OpinionWay pour Indeed : Mobilité internationale et Covid -19, regards croisés entre étudiants et actifs, une enquête qui a été réalisée du 24 septembre au 2 octobre dernier auprès de deux échantillons, d'un côté, 1 076 étudiants et de l'autre, 1 065 actifs. Un mot d'abord sur la méthodologie. Comment est-ce qu'ont été constitués ces deux échantillons ?

Alors, quand on passe par un organisme de sondage, c'est toujours l'échantillon représentatif de plus de 1 000 personnes qui se base en effet sur une diversité et une représentativité qui est significative. Et donc, on a pris ce panel représentatif de plus de 1 000 personnes à la fois sur les actifs et sur les étudiants, donc représentatif en termes d'équité homme/femme, Paris/Province, âge/région/CSP.

Et donc, au-delà de nos datas, l'objectif était de sonder l'état d'esprit des Français, actifs ou étudiants, par rapport à leurs désirs, motivations à travailler hors de France dans cette période un peu particulière et voir si cela avait changé entre la période avant Covid et ce qu'on vit aujourd'hui.

Alors, avant de parler des effets de la pandémie sur la mobilité internationale et des répercussions sur les comportements des candidats à l'expatriation, on va s'intéresser à ce qui motive une mobilité à l'étranger. D'abord, chez les actifs, puis chez les étudiants ensuite, quelles sont les raisons invoquées pour motiver un départ à l'étranger ?

Alors, chez les étudiants, ils étaient un sur quatre avant la pandémie à désirer un projet de mobilité à l'international via un échange universitaire de type Erasmus, avec deux objectifs principaux. Le premier, c'était l'ouverture au monde et aux autres cultures pour 69 % d'entre eux. Et la deuxième motivation principale, c'était la maîtrise d'une langue étrangère pour 68 % d'entre eux.

D'ailleurs, 84 % des étudiants estiment que les formations en ligne aujourd'hui ne peuvent pas remplacer la mobilité internationale. Donc, même si tout un tas d'outils digitaux permet les échanges, ça ne remplace jamais l'immersion totale dans un autre pays.

Et pour les actifs, ils étaient 20 % à désirer une mobilité internationale et c'est pour eux avant tout une formidable possibilité d'évolution professionnelle, salariale et intellectuelle.

Alors, je vous ai entendu parler d'Erasmus tout à l'heure. À celles et ceux qui avaient un projet de mobilité avant la pandémie, quelle était la nature même de ce projet ?

Pour les étudiants, principalement un projet Erasmus, en effet, ou un échange universitaire grandes écoles. Donc, ça, c'était pour 74 % d'entre eux. Vient en deuxième le volontariat international type V.I.E, V.I.A. pour 13 %. Donc, on voit qu'on passe de 74 à 13 %. Donc vraiment, Erasmus, échanges universitaires, grandes écoles, c'est de loin le premier critère de motivation. Et le troisième pour 8 %, l'expatriation professionnelle, donc, première expérience professionnelle que je vais faire à l'étranger.

Pour les actifs, c'est à 43 % une expatriation professionnelle, 31 % V.I.E, V.I.A. et 24 % pour un échange de type Erasmus.

Alors, pour les candidats au départ, quelles sont les compétences qui ont été mises en avant pour justifier justement l'intérêt à s'expatrier ?

Les compétences transférables à d'autres pays, d'autres industries, tout ce qu'on maîtrise aujourd'hui au sein de son métier et de son entreprise dans son propre pays et qu'on peut faire ailleurs. La mobilité géographique ou fonctionnelle qui est aussi une compétence en soi.

La maîtrise de la langue que je mettrais même en premier parce que quand on va dans un pays qui n'est pas un pays francophone, il faut absolument maîtriser a minima la langue pour commencer à s'en sortir.

S'ouvrir à d'autres cultures. Et puis, des perspectives d'évolution professionnelle qui sont excessivement importantes.

Alors, les confinements à répétition, les difficultés de déplacement, les frontières fermées aussi, l'interdiction d'entrer dans certains pays comme l'Australie, la Chine, la Nouvelle-Zélande, les encouragements, également, d'inscription à distance pour les États-Unis et le Canada, tout cela a fait dire à Campus France, qui décrypte la mobilité étudiante, que celle-ci, justement, a été fortement affectée par la crise sanitaire.

Dans quelle proportion maintenant, Éric, les étudiants sondés qui avaient dans le projet de partir ont dû finalement renoncer à leur départ ? Et chez les actifs, qu'en est-il également ?

Côté étudiants, parmi ceux qui ont envisagé une mobilité internationale avant la crise, seuls 14 % ont pu concrétiser leur projet du fait de la crise, 80 % d'abandon ou de report. Donc, c'est quand même considérable.

Et côté actifs, avant la crise, 20 % nourrissait un projet de mobilité à l'international et chez les actifs, c'est 75 % d'abandon ou de report.

Et pour les deux échantillons, les principales causes de renoncement qui ont été énoncées, c'était quoi ?

Pour les étudiants, ce sont principalement des contraintes liées aux restrictions sanitaires, à la vie confinée pour 41 % d'entre eux, mais aussi le manque de ressources financières ou la crainte de ne pas trouver un travail sur place pour 42 % d'entre eux. Il ne faut pas oublier que la plupart des étudiants qui partent à l'étranger prennent un job d'appoint pour se payer tout ou partie de leurs études. Donc, le fait de ne pas avoir ces perspectives d'emploi sur place est un frein majeur.

Et pour les actifs, ce sont principalement des raisons sociales ou familiales pour 63 % d'entre eux. Si je ne peux pas emmener pareil tout ou partie de ma famille avec moi et leur offrir des conditions convenables, c'est un vrai frein. Et ils jugent également que c'est une expérience trop difficile pour 51 % d'entre eux. Et le troisième critère, c'est de ne pas maîtriser assez bien la langue pour 28 % d'entre eux.

Et parmi tous les candidats au départ, il y en a eu quand même qui ont pu concrétiser leur projet. Une fois sur place, est-ce que la Covid a eu des répercussions et si oui, lesquelles ont été mentionnées ?

Oui, alors il y a eu des difficultés rencontrées pour 53 % des étudiants et 41 % des actifs, donc près d'un sur deux pour les deux catégories. La première difficulté, c'est l'impossibilité de se rendre à l'université ou sur le lieu de travail du fait que ces établissements étaient fermés, ça c'est pour 24 % d'entre eux. La fermeture des frontières pour 20 % qui fait que je ne peux pas revenir dans mon pays ou je ne peux pas aller dans un pays frontalier. Le rapatriement en France pour 16 %, le confinement pour 12 % qui était moins important dans les mois qui ont suivi. Mais au début, c'était quand même très prégnant. Et puis, l'impossibilité de rencontrer d'autres personnes pour 12 % également. C'est avant tout le but principal de ces échanges et de ces voyages à l'étranger, c'est aussi de se nourrir d'autres cultures et de rencontrer d'autres personnes.

Évidemment, évidemment. La Covid a donc transformé tous nos vies, étudiant ou pas, salarié ou pas, avec notamment de nouvelles organisations, le développement, entre autres, du télétravail. Si on peut tout faire de chez soi, est-ce que finalement, l'expatriation a encore un sens en période Covid ? Qu'ont répondu à cette question étudiants et actifs ?

La réponse est oui. 72 % des étudiants et 55 % des actifs confirment leur intérêt pour l'expatriation. On l'a dit, le sondage est assez récent. Donc, malgré le contexte actuel, notamment chez les étudiants, c'est une volonté très forte et c'est d'ailleurs plus vrai pour les hommes que pour les femmes. Chez les étudiants, la part d'hommes est à 69 %, femmes seulement 30 %. Et chez les actifs, c'est un peu plus équilibré, c'est 44 % des femmes, 56 % des hommes.

Les différentes raisons maintenant invoquées par celles et ceux pour qui la mobilité internationale n'a plus de sens à l'heure de la Covid-19 ?

La principale motivation, c'est : je ne vois pas l'intérêt de partir à l'étranger pour subir des restrictions sanitaires et travailler ou suivre des cours à distance. Ça, c'est pour 46 % des personnes qui n'arrivent pas encore à se projeter et qui disent finalement : que je sois ici ou ailleurs, je vais vivre confiné aussi dans un appartement, les bureaux sont fermés ou partiellement fermés.

La deuxième chose, c'est de subir des limitations d'accès au pays à l'aller ou au retour pour 44 %. Donc, encore la crainte que la situation épidémique puisse évoluer et qu'il y ait des contraintes majeures sur la mobilité de retour au pays.

Et enfin, pour 39 %, les gens disent qu'il n'est pas raisonnable de se déplacer à l'étranger alors que la pandémie mondiale n'est pas encore terminée.

Alors, si maintenant on met la pandémie complètement de côté, quels sont les freins qui subsistent à la mobilité internationale pour les deux échantillons ou les motifs de refus à une expérience professionnelle à l'étranger ?

Les principaux freins, ils sont financiers, linguistiques et psychologiques. 42 % d'entre eux craignent en effet de manquer de ressources financières et de ne pas pouvoir trouver du travail. Soit c'est le plan A soit c'est le plan B, mais il y a souvent quand même un travail à côté.

La deuxième chose pour 34 %, c'est qu'ils reconnaissent que leur sentiment de ne pas avoir un assez bon niveau d'anglais ou de maîtriser suffisamment la langue locale pourrait les dissuader de partir ou de rester dans le pays et d'être à l'aise.

Et enfin, le troisième, c'est la crainte de ne pas être à la hauteur, de ne pas être au niveau de ce qu'on attend et qu'il faut quand on part comme ça à l'étranger, déjà, avoir un niveau suffisant pour être à la hauteur de ce qu'on attend de nous.

En tout cas, ça ne s'improvise pas, c'est clair. En introduction, tout à l'heure, on a parlé du nombre d'offres d'emploi proposant une mobilité à l'international. Toujours en fonction des réponses au sondage OpinionWay pour Indeed, est-ce que la possibilité d'une mobilité à l'étranger est un critère important pour un candidat qui consulte une offre d'emploi sur le méta moteur de recherche Indeed ?

Alors, pour ceux qui sont prêts à le faire, oui, absolument, car c'est une formidable opportunité d'évolution ou d'apprentissage. Ce sont des profils qui font vraiment la différence sur le marché après une telle expérience. Le terrain de jeu est beaucoup plus large après une mobilité internationale, que ce soit en France ou à l'étranger. Donc mécaniquement, on a beaucoup plus d'opportunités.

On a aussi souvent une rémunération plus importante parce que c'est vraiment reconnu comme une compétence supplémentaire. Et donc, c'est important pour 59 % des étudiants et pour 44 % des actifs. Donc, on voit qu'il y a quand même une vraie volonté d'avoir à rajouter cette petite ligne sur son profil parce que c'est vraiment différenciant. C'est un vrai plus sur le marché de l'emploi.

Et de manière générale, est-ce qu'ils pensent que les possibilités de mobilité internationale sont suffisamment mises en valeur dans les offres d'emploi qu'ils peuvent consulter ?

Pas assez, sauf pour les profils de haut niveau, les profils managériaux, notamment. C'est souvent une possibilité offerte après intégration. Et les entreprises craignent de s'engager, donc n'affichent pas tout le temps sur l'offre d'emploi dès le début cette possibilité de mutation, d'expatriation. 26 % des étudiants et 21 % des actifs trouvent que ces offres ne sont pas assez mises en valeur. Et ce n'est parfois pas évident de trouver l'information.

En conclusion, Éric, vous, qu'est-ce que vous retenez de cette enquête ?

Historiquement, pour les raisons qu'on a invoquées précédemment, les Français sont moins mobiles à l'international que dans d'autres pays.

C'est donc une formidable opportunité pour les étudiants, les actifs, mais aussi pour les entreprises d'avoir des profils plus internationaux, quand une entreprise veut se développer à l'international, plutôt que de recruter un profil qui vient d'ailleurs. Si on a la compétence en interne ouverte et qu'il y a déjà une expérience à d'autres cultures, ça facilite les échanges.

Donc, on est aujourd'hui dans un monde qui est beaucoup plus ouvert et ainsi, on comprend mieux les autres marchés, les autres cultures. Ça ouvre le champ des possibles de toute part, côté candidats, côté entreprises.

Tout le monde est content. Absolument.

Merci Éric. Merci à vous.