Cet article est la traduction d'une publication en anglais. Les liens et les données de la publication d'origine, qui concernent le marché des États-Unis pour la plupart, n'ont pas été modifiés.

Le 21 septembre, lors d'une session particulièrement suivie d'Indeed FutureWorks 2023 à Atlanta, Svenja Gudell, économiste en chef du Hiring Lab, le département de recherche économique d'Indeed, a présenté des insights sur les futures tendances du marché de l'emploi en se basant sur la dernière étude sur l'IA du Hiring Lab justement publiée le matin même. Elle a notamment abordé une crainte grandissante depuis le début de l'utilisation de l'IA : « Jusqu’ici, lorsque l'on parlait d'automatisation, on pensait qu'elle allait remplacer le travail manuel… Mais voilà que soudainement, on parle de ses conséquences sur les travailleurs du savoir. »

Pour celles et ceux qui craignent de devenir inutiles à cause de l’IA, qui s’inquiètent de l'inflation ou d’une possible récession, le Hiring Lab a de bonnes nouvelles. Voici cinq points à retenir de la présentation de Svenja Gudell qui a affiché complet au FutureWorks 2023 à Atlanta.

Une demande de main-d'œuvre ralentie

Pour évaluer la demande de main-d'œuvre, l'Indeed Hiring Lab s'est basé sur son indice des offres emploi publiées sur Indeed, appelé Indeed Job Postings Index. Cet indice compare le nombre total d'offres d'emploi sur Indeed aux nouvelles offres publiées depuis février 2020. Les employeurs le savent, le marché de l'emploi est encore tendu, avec actuellement 1,5 poste disponible pour chaque chômeur.

Suite au déclin initial de la demande en février 2020, le marché a progressivement rebondi puis atteint son apogée début 2022. Depuis, il baisse de manière progressive.

L'indice des offres d'emploi publiées sur Indeed compare l'ensemble des offres publiées avec les nouvelles publications et montre un ralentissement de la demande de main-d'œuvre sur le marché aux États-Unis depuis le pic de 2022.

Svenja Gudell a analysé plus en détail les conséquences sur différents secteurs professionnels, notamment le développement de logiciels et le marketing. Pour chacun de ces secteurs, après avoir augmenté en 2022, les recrutements ont depuis retrouvé les niveaux de demande d'avant la pandémie.

Cependant, après la baisse initiale liée à la pandémie, la demande de main-d'œuvre pour des postes dans les domaines des soins infirmiers ou de la restauration est restée constante.

Un marché qui reste dynamique

« Je pense qu'on peut dire que la "Grande Démission" est terminée », a déclaré Svenja Gudell devant une salle en liesse. Les taux de démission sont en effet revenus au même niveau qu'avant la pandémie, niveau qui était alors déjà élevé.

Le taux de démission des travailleurs est revenu à son niveau d'avant la pandémie, niveau qui était alors déjà élevé.

Pendant la pandémie, les travailleurs quittaient leur emploi pour diverses raisons (maladie, licenciement, responsabilités familiales), ce qui a rendu le retour au travail difficile pour plusieurs groupes, notamment celui des femmes. « Cela signifie que cette ré-accélération sur le marché de l'emploi a pris du temps, mais les perspectives sont bonnes, surtout par rapport aux normes historiques », explique Svenja Gudell. 

Elle ajoute que tout indique que le marché de l'emploi est solide. « Il reste dynamique, même s'il ne l'est pas autant qu'auparavant », conclut-elle.

Une croissance des salaires supérieure à l'inflation

Tandis que le marché de l'emploi se calme, la croissance des salaires ralentit également. Cependant, les salaires continuent d'augmenter plus vite que l'inflation, ce qui est une bonne nouvelle pour les travailleurs. (Svenja Gudell a utilisé le nouveau système de suivi des salaires d'Indeed pour en mesurer la croissance. Vous pouvez télécharger gratuitement cet ensemble de données et en savoir plus sur sa méthodologie.) 

Pour autant, les salaires ne sont pas le reflet de la rémunération. L'étude d'Indeed Hiring Lab montre que les employeurs proposent encore largement des bonus à la signature, en particulier dans le domaine des soins infirmiers, et que rien n'indique que cela va s'arrêter.

Les employeurs proposent largement des bonus à la signature dans leurs offres d'emploi sur Indeed alors que la croissance des salaires diminue.

Y aura-t-il ou non une récession ?

La probabilité d'une récession est l'une des préoccupations majeures de tous, travailleurs comme employeurs. Pour expliquer les données sur lesquelles le Hiring Lab s'appuie pour établir ses prévisions de récession, Svenja Gudell a commencé par analyser les tendances des dépenses de consommation. 

Elle a ainsi montré comment, après le choc initial de la pandémie, les dépenses personnelles en biens ont augmenté, suivies plus tard par les dépenses en services grâce à l'arrivée des vaccins contre le Covid-19. Aujourd'hui, les dépenses de consommation dans les deux secteurs se portent bien.

Les dépenses de consommation pour les biens et les services restent élevées, ce qui réduit le risque de récession.

« De nombreux économistes pensaient que nous nous tournerions davantage vers les services plutôt que vers les biens, mais il est intéressant de noter que ce n'est pas vraiment le cas », a déclaré Svenja Gudell. « Cela alimente bien sûr le marché de l'emploi. Tant que cette situation se maintient, notre économie reste forte. »

Elle a également mesuré le risque de récession en se penchant sur le chômage et les licenciements, qui ont tendance à augmenter en période de récession. Si l'on considère l'ensemble des emplois aux États-Unis, la responsabilité des licenciements dans l'augmentation du taux de chômage n'est pas aussi importante que ce qu'annoncent les gros titres.

La hausse du taux de chômage s'explique principalement par l'augmentation du nombre de personnes entrant sur le marché et qui sont donc à la recherche d'un nouvel emploi, et non par les pertes d'emploi. De plus, avec un taux de 3,8 %, le chômage reste à « un niveau incroyablement bas », a déclaré Svenja Gudell.

« Nous sommes cependant toutes et tous dans un cycle économique, la récession finira donc par arriver », a-t-elle ajouté. « Pour autant, nous pensons que ce n'est pas pour tout de suite. »

L'IA pourrait faire votre travail, mais pas correctement

Svenja Gudell a conclu la session en dévoilant les résultats de la série de rapports sur l'IA au travail d'Indeed Hiring Lab. L'un des aspects de cette série de rapports porte sur l'impact de l'IA générative sur l'emploi en utilisant l'outil Generative AI Job Tracker du Hiring Lab. Cet outil suit les offres d'emploi publiées sur Indeed qui mentionnent les termes « IA générative » et d'autres mots-clés associés dans leur description de poste.

Les recherches ont montré que, malgré une forte augmentation depuis l'année dernière, les offres liées à l'IA générative représentent toujours moins de 1 % des offres d'emploi. Alors que les professionnel·les n'en sont qu'aux premiers stades de l'élaboration et de l'utilisation de ces outils, l'enquête d'Indeed sur l'IA auprès des responsables RH et de l'acquisition de talents montre que 87 % d'entre elles et d'entre eux utilisent actuellement l'IA d'une manière ou d'une autre. Cela laisse entrevoir le type d'impact que nous pourrions observer à l'avenir.

Les offres d'emploi liées à l'IA générative ont fortement augmenté au cours de la dernière année, mais elles représentent encore moins de 1 % de l'ensemble des offres d'emploi.

Dans son rapport sur l'IA au travail, le Hiring Lab a analysé plus de 55 millions d'offres d'emploi publiées sur Indeed et plus de 2 600 compétences. Il a été alors possible d'identifier les conséquences que l'IA générative aura sur les emplois dans différents secteurs et les compétences requises pour les exercer.

Quels sont les points à retenir ? Les humains ne sont pas près de disparaître. L'équipe de recherche a constaté qu'une offre d'emploi sur cinq, parmi celles qu'elle a examinées, était fortement exposée à l'IA générative. Cela signifie donc que cette dernière pouvait effectuer 80 % ou plus des tâches nécessaires pour cet emploi. Leurs conclusions montrent que, même si l'IA générative touche presque tous les emplois, la technologie n'est pas assez performante à ce stade pour effectuer un travail sans intervention humaine.

L'IA générative a un fort potentiel d'impact sur les emplois dans des domaines tels que le droit, les ressources humaines et le marketing. En règle générale, l'IA générative n'est pas aussi utile dans les fonctions qui nécessitent une interaction humaine, comme la conduite ou la garde d'enfants. De fait, il existe une forte corrélation entre le télétravail et l'impact potentiel de l'IA générative. Toutefois, Svenja Gudell souligne que les travailleurs du savoir peuvent également utiliser l'IA comme un outil pour améliorer leur productivité et éliminer les tâches fastidieuses, pour se concentrer sur les aspects les plus agréables de leur travail.

« Souvent, l'IA générative peut nous aider à accomplir des tâches répétitives ou à résumer des éléments, mais elle ne remplacera pas notre esprit critique, notre empathie, notre leadership, qui sont des caractéristiques importantes lorsque l'on interagit avec d'autres personnes », a déclaré Svenja Gudell.

Sa conclusion est optimiste quant à la manière dont la technologie de l'IA améliorera le travail. « Je pense vraiment qu'il va y avoir du changement et que ce sera difficile », a-t-elle déclaré. « Nous allons perdre des emplois, mais si l'histoire nous a appris quelque chose, c'est que ces avancées technologiques nous permettront également de créer un grand nombre d'emplois ».

Pour en savoir plus sur la série de rapports sur l'IA au travail et pour obtenir des mises à jour régulières sur le marché de l'emploi, consultez Indeed Hiring Lab.