Pas de transformation numérique des petites entreprises sans talents !

par L'équipe éditoriale d'Indeed

En tant que partenaire de la confédération des PME (CPME), Indeed était présent aux trophées Réussir avec le numérique le 21 septembre dernier pour remettre le prix ‘Le numérique pour les RH’ à Philippe Bénito, dirigeant de l’entreprise Les métiers partagés qui a développé une solution RH pour ses collaborateurs. Chaque année, ces trophées récompensent des projets de transformation numérique réalisés dans de petites et moyennes entreprises, parfois très éloignées de l’univers de la tech.

À cette occasion, nous avons eu l’occasion d’échanger avec Alain Assouline, Président de la Commission Numérique au sein de la CPME, sur ces enjeux de transition digitale qui concernent dorénavant tous les secteurs d’activités.

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Pouvez-vous nous en dire plus sur les trophées Réussir avec le numérique ?

Nous avons commencé à organiser cet événement en 2017, plusieurs années avant la crise sanitaire mondiale que nous avons connue. À cette époque, la France accusait un certain retard sur la transformation numérique de ses petites entreprises, et nous voulions mettre en lumière des initiatives vertueuses afin qu’elles puissent servir d’exemple et d’inspiration pour l’ensemble de nos adhérents. Puis la pandémie est survenue et, en chamboulant l’économie toute entière, a forcé et accéléré le mouvement de digitalisation. Beaucoup de PME n’avaient alors plus le choix, il s’agissait d’une question de survie. Nous avons alors observé beaucoup de projets digitaux, notamment sur le volet du e-commerce, visant à mettre en place la vente à distance, élargir la zone de chalandise et travailler sur la réputation et la notoriété de marque.

En parallèle de cette accélération de la digitalisation, les cyber attaques se sont malheureusement multipliées. Nous faisons donc de la prévention auprès des entreprises afin que ce risque ne soit pas un frein à la digitalisation.

Pourquoi avoir proposé un prix spécifique aux RH ?

La digitalisation ne concerne pas uniquement le e-commerce. Grâce aux trophées, nous souhaitons montrer l’éventail des possibilités, puisqu’il y a de multiples champs d’application du numérique. Les ressources humaines et l'inclusion en font partie, ce sont d’ailleurs deux nouveaux volets qui se sont imposés depuis la crise. Le rôle des RH autour de la marque employeur, de la RSE, de la diversité et de l’inclusion était un sujet assez peu couramment abordé auparavant, mais aujourd’hui avec la prédominance du numérique, cela a davantage d’importance. Les PME prennent conscience qu’il y a un véritable enjeu d’attirer des talents, et qu’un bad buzz sur les réseaux sociaux ou les plateformes d’avis peut avoir un effet délétère à ce titre. Elles se sont rendues compte aussi pendant la pandémie et le télétravail forcé que la relation employeur-salarié ne peut plus être circonscrite par le lieu, le numérique prend le relais, et que le DRH - lorsqu’il y en a un - joue un rôle central.

Selon vous, quel est l’enjeu majeur pour les PME souhaitant s’engager pleinement dans le numérique ?

Que le numérique soit le cœur même de l’activité ou une fonction support, les PME font majoritairement face à de grosses difficultés de recrutement et d’attraction des talents pour les métiers de l’informatique et de la tech. Une récente étude réalisée par la région Hauts de France auprès d’entreprises qui n’étaient pas du numérique sur leurs intentions d’embauche a fait apparaître qu’elles s’apprêtaient à en recruter autant que ce qu’annonçaient les entreprises du numérique. La branche du numérique évalue à 230 000 le nombre d’intentions d’embauche à horizon 2025. Si on élargit la projection aux entreprises qui ne sont pas du numérique à l’échelle nationale, cela représenterait 460 000 intentions d’embauche pour la France entière !

Nous faisons face à une grave pénurie de professionnels, d’autant plus marquée pour les PME car elles pâtissent de la concurrence des ESN (entreprises de services du numérique) qui “aspirent” les talents. À cela s’ajoute souvent le manque d’attractivité des régions industrielles ou rurales (hors bassins d'emploi) dans lesquelles sont implantées ces entreprises. Or, une chose est sûre, c’est qu’il n’y aura pas de transformation numérique sans les talents !

Quelles solutions voyez-vous pour contrer cette pénurie de talents ?

La première piste d’action se situe sur le volet de la formation initiale. Pour les métiers du numérique, les besoins ne sont pas uniquement des profils bac+5. Beaucoup de postes peuvent correspondre à un diplôme bac+2. C’est pour cette raison que le gouvernement a lancé à travers Pôle Emploi des appels d'offres pour ouvrir des formations à ce niveau.

Par ailleurs, n’oublions pas la formation continue permettant de former les salariés au numérique des salariés déjà en poste dans l’entreprise. À ce titre, les OPCO dont l’activité est surtout dédiée à la formation des salariés, ont voulus sur ces métiers en tension, mettre aussi en place des programmes à destination des demandeurs d’emploi.

Si elles ne peuvent pas toujours rivaliser avec les ESN en matière de rémunération, les PME doivent trouver d’autres arguments de séduction comme la proximité, la qualité de vie, etc… Dans notre monde post-covid, les grandes villes sont moins attractives, c’est peut-être une carte à jouer. Si on ajoute à cela la transformation écologique et la crise énergétique, on peut voir de nouvelles perspectives d’avenir pour les petites entreprises.

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