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Environnement culturel et social, éducation et formation, stabilité politique et économique, réseau professionnel et personnel, incitation gouvernementale, potentiel d'innovation et de recherche. Les raisons de l'attractivité d'un pays pour les étrangers qualifiés peuvent être évidemment multiples. Malgré la concurrence, la France fait partie des pays européens qui attirent le plus de travailleurs qualifiés étrangers. C'est un fait, mais pour quelles raisons ?
L’étude récente menée par le Hiring Lab d’Indeed met en lumière les dynamiques de l’immigration de travail en France, révélant des éléments importants concernant l’attractivité du pays pour les travailleurs qualifiés étrangers.
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Bonjour Alexandre Judes. Je rappelle que tu es économiste au Hiring Lab d'Indeed. Alexandre, le 11 septembre dernier, le Hiring Lab publiait une analyse sur l'immigration de travail et l'attractivité de la France pour des étrangers qualifiés. C'était quoi concrètement les objectifs de l'analyse ?
Alors c'était tout simplement de mesurer l'immigration de travail après les périodes de pandémie qu'on a connues. L'immigration est devenue un enjeu majeur pour les économies occidentales qui ont beaucoup de pénuries de main-d'œuvre. Il y a aussi le côté défi sociétal qui qui intéresse énormément les gouvernants et les opinions publiques en ce moment. Donc, on a voulu mettre la focale justement sur cette problématique de migration, qui est à la fois une solution pour le marché du travail, et aussi qui a un certain nombre de conséquences politiques et sociétales.
Alors, l'analyse, elle révèle que la France attire relativement plus de clics de candidats qualifiés sur les offres d'emploi à haut salaire que d'autres pays européens. C'est quoi les critères utilisés pour définir justement un salaire haut ?
Alors, on a tout simplement regardé la distribution des salaires par famille de métiers et on a coupé en trois parties égales. Donc, les seuils, c'est 26 500 euros et 31 600. Donc, avant 26 500, on dit qu'on va dire que c'est le premier percile, donc des salaires qui sont bas. Entre 26 500 et 31 600, on est sur les salaires intermédiaires. Et au dessus de 31 600, on est sur des hauts salaires, donc le troisième percile. Ce sont les seuils qu'on a utilisés.
Et c'est quoi les secteurs d'activité qui sont concernés ?
Alors si on regarde par exemple sur les hauts salaires on va retrouver essentiellement les professions col blanc parce que, comme tu le remarques c'est quand même des tranches de salaire qui sont relativement larges. D onc au-dessus de 31 600 euros, on va retrouver tous les cols blancs, les postes d'encadrement beaucoup de postes dans l'immobilier dans les médias marketing, on a la médecine chirurgie aussi le développement informatique, la banque et la finance, et vont automatiquement se retrouver dans ces hauts salaires. Dans les bas salaires, on a des métiers plus col bleu, comme le nettoyage et l'assainissement ou la restauration, par exemple. Donc, pas vraiment de surprise sur la segmentation des salaires.
Alors, dans cette étude, vous avez constaté une hausse des recherches d'emplois en France provenant de l'étranger, dépassant même le niveau d'avant la pandémie. Quelles sont, selon l'Iring Lab d'Indeed, les raisons de cette augmentation ?
Alors, on a déjà des moteurs structurels assez puissants, que sont le vieillissement de la population et les pénuries de main-d'oeuvre. Alors, ça c'est vraiment quelque chose qui va, on va dire, conditionner les migrations professionnelles. C'est un très fort moteur. Et on a probablement un effet de rattrapage de l'après-pandémie, pendant laquelle toutes les mobilités internationales ont été un peu revues. Il nous faut, on va dire, rattraper le retard qu'on a pris sur l'immigration de travail pendant les deux années où l'immigration a été rendue plus difficile. Depuis deux années, le vieillissement de la population ne s'est pas arrêté et les pénuries de main d'oeuvre se son même accrues dans les secteurs comme par exemple la santé, le nettoyage-assainissement ou la restauration. Ce n'est pas un effet propre à la France, puisque ça concerne la plupart des grands pays occidentaux. Si on regarde par exemple le Royaume-Uni, ou même l'Allemagne dans une moindre mesure, il y a eu une augmentation de la délivrance de visas de travail, sur fond de concurrence avec les autres pays comme par exemple les États-Unis, le Canada, l'Australie. Ou même de pays qui sont flexibles et très attractifs comme la Suisse ou le Luxembourg. On est vraiment sur un contexte de concurrence pour attirer de la main d'oeuvre étrangère.
Alors, il y a une forte progression des clics étrangers sur des offres d'emploi dans l'éducation et la formation, la restauration, le transport routier, la maintenance et la réparation et la médecine-chirurgie. Est-ce que ces secteurs sont suffisamment attractifs pour faire la rétention, pour retenir ces talents dans la durée ?
Alors justement, c'est tout le problème, c'est toute la problématique. En tout cas, ils ne sont pas suffisamment attractifs pour les actifs français, puisqu'ils refusent en général de prendre ces postes, d'où la proportion relativement plus forte d'immigrés dans ces emplois. C'est particulièrement criant quand on prend des familles de métiers qui vont concentrer un peu toutes les difficultés, c'est-à-dire des salaires qui ne sont pas très attractifs, des conditions de travail qui sont souvent difficiles, comme par exemple la restauration, le nettoyage assainissement, les soins à la personne. Donc c'est peu attractif. Ensuite, dans la durée, il y a beaucoup de recruteurs qui ont encore du mal à faire tomber les barrières sectorieles. Une expérience dans la restauration, par exemple, dans certains cas, peut limiter les débouchés d'un candidat dans d'autres secteurs, lui mettre une étiquette plutôt que d'être vue comme comme une expérience professionnelle, un point d'entrée sur le marché du travail, sur lequel vous pourrez s'appuyer pour évoluer par ailleurs. Donc, je pense que c'est effectivement toute la problématique. Attractivité d'abord et ensuite, effectivement, perspective d'évolution. Et c'est vrai que pour beaucoup de ces secteurs, il y a ni l'un de l'autre.
Alors, tu parlais tout à l'heure de pays plus petits qui étaient peut-être plus attractifs. Justement, si la France attire des candidats qualifiés, elle semble, en effet, moins attractive que de petits pays comme le Luxembourg ou la Suisse. Et ça, comment est-ce qu'on l'explique ?
Déjà, le Luxembourg et la Suisse, ce sont des petits pays qui sont très riches, très prospères, qui sont entourés de pays qui sont moins riches. Forcément, il y a tous le clics des frontaliers qui vont cliquer sur des offres d'emploi qui, en moyenne, sont beaucoup mieux payées que dans leurs pays d'origine. Ça, ça contribue à augmenter énormément la proportion de clics étrangers dans ces pays-là, qui, encore une fois, ont un marché intérieur qui est relativement petit par rapport au marché du travail qui les entourent. Et puis voilà encore une fois les autres facteurs, c'est le niveau de vie très élevé, le fait que ces pays effectivement ont souvent des industries de haute technologie qui vont attirer des professionnels qualifiés, des métiers bien rémunérés. Et forcément, ça en fait des pôles d'attraction dans la région. Si on prend par exemple la Suisse, c'est un pays qui a des positions très fortes dans tout ce qui est pharmacie, industrie de la santé, industrie, banque finance évidemment. Le Luxembourg aussi c'est un hub financier très important et encore une fois en mars on convient que c'est très petit donc tous ces emplois-là ne peuvent pas être pourvus par les luxembourgeois avec des salaires qui sont très élevés donc forcément il y a énormément de clics qui viennent de l'étranger en particulier des pays frontaliers, France, Belgique, Allemagne, Italie...
Alors la France a simplifié ses procédures d'obtention de visa de travail. Est-ce qu'on arrive justement maintenant à quantifier l'impact de ces réformes sur l'augmentation du nombre de travailleurs étrangers en France ?
Alors la politique de visa est effectivement une des façons de réguler un peu cette immigration, en tout cas d'envoyer un signal au visa qui nous aurait attiré. Si on regarde les trois grands pays européens qu'on examine dans l'étude, France, Allemagne, Royaume-Uni, il y a une augmentation de la délivrance de ces visas, particulièrement forte au Royaume-Uni, un peu moins forte en Allemagne et en France, puisqu'on est aux alentours de 32, 40% pour l'Allemagne et la France. Le Royaume-Uni, par exemple, lui, accorde trois fois plus de permis de travail qu'en 2019. Donc c'est énorme, comparé aux 40% en plus. En France en particulier, il y a eu des réformes qui ont simplifié les procédures d'obtention de visa de travail, notamment à travers l'éducatif comme le passeport talent, qui va faciliter l'arrivée de travailleurs qualifiés dans les secteurs en tension, comme par exemple la programmation informatique, l'industrie de pointe, des personnes qui sont soit des chercheurs, soit des salariés très très qualifiés ou des entrepreneurs aussi si on quitte le monde du salariat à proprement parler.
Alors, les données, elles montrent aussi une forte proportion de clics provenant des pays du Maghreb pour certains secteurs d'activité. Comment est-ce que toi, tu expliques cette concentration géographique et quelles sont aussi les implications pour les politiques d'intégration ?
Alors ça s'explique essentiellement par la proximité historique, linguistique et géographique. En règle générale, il y a beaucoup de plus qui viennent des ex-colonies. C'est vrai pour le Royaume-Uni par exemple, avec le sous-continent indien. Et pour la France, typiquement pour les pays du Maghreb, c'est des candidats qui parlent déjà français, qui sont assez familiarisés avec la culture de nos pays. Donc forcément c'est pour eux un débouché naturel quand ils vont essayer de s'expatrier et de chercher un emploi à l'étranger. donc. Pour le Royaume-Uni, par exemple, ça a été particulièrement criant après le Brexit. On a vu vraiment une explosion des clics qui viennent de l'extérieur, en particulier, encore une fois, du sous-continent indien, en particulier Inde, Pakistan. Ça a été assez criant. Ces candidats ont remplacé beaucoup de candidats européens en particulier. Donc ça, c'est, je dirais, les facteurs principaux. Ensuite, les politiques d'intégration, ça reste, si tu veux, des choix sociaux. C'est vrai qu'il faut être assez clair sur les critères qu'on cherche à imposer aux nouveaux arrivants. Les règles, par exemple, dans l'environnement de travail, quelle est la place de la religion, par exemple, dans l'environnement de travail, ça, c'est des choses qui gagneraient peut-être à être clarifiées.
Est-ce qu'on peut s'arrêter un petit peu, un petit moment, sur le dispositif passeport talent et surtout de ses répercussions en termes d'efficacité d'abord pour attirer de la main-d'œuvre étrangère qualifiée ?
Oui, alors le passeport talent est essentiellement une sorte de séjour pluriannuel, une facilité de l'entrée et de séjour des étrangers très qualifiés qui souhaitent soit travailler, soit développer une activité professionnelle en France. Donc l'idée évidemment c'est d'attirer les talents internationaux dans le contexte de concurrence entre pays développés, dans plein de domaines, essentiellement la recherche, l'innovation, l'entrepreneuriat, mais aussi par exemple la culture, tout ce qui est susceptible de générer des investissements et des retombées positives pour l'activité en France. Il y a plusieurs catégories de passeport talent, chacune étant, on va dire, calquée sur un profil. Donc, il va y avoir :
- un passeport salarié qualifié : donc, ça, ça va être pour les employés qui vont être hautement qualifiés. Les salariés hautement qualifiés, souvent sous contrat de travail avec une entreprise française.
- un passeport aussi chercheur, pour les personnes qui viennent en France pour mener des recherches ou pour enseigner
- un passeport créateur d'entreprise pour les entrepreneurs qui souhaitent soit faire, soit reprendre une entreprise
- un passeport investissement économique pour les personnes qui peuvent investir
- un passeport artiste aussi pour les artistes et les professionnels dans le domaine de la culture
- un passeport mandataire social pour les dirigeants et les administrateurs d'entreprises
Ce sont les principales catégories, et c'est un titre qui est valable 4 ans, qui peut être renouvelé, Donc, administrativement, c'est beaucoup plus simple qu'un visa classique, il faut néanmoins remplir un certain nombre de conditions : un niveau de qualification, avoir un contrat de travail, avoir un projet entrepreneurial et aussi, en général, avoir des ressources suffisantes pour vivre en France. À partir du moment où ces critères sont respectées, la procédure est relativement simple.
Comment est-ce qu'on peut interpréter aussi la différence entre la part des clics étrangers sur les offres d'emploi à haut salaire en France comparées à d'autres pays comme l'Espagne ?
Je pense qu'il y a une part de structure de marché du travail. On a quand même en France énormément d'emplois dans l'informatique, dans l'industrie qui ont mal à être pourvus. Ça, c'est une première explication possible. Ensuite, on a quand même une politique migratoire qui est de plus en plus contenue sur ces dernières années. Dans le blog post, on regarde la part des immigrés dans la population active, dans les personnes en emploi. Et sur les dernières années, en France, elle est relativement stable. Alors qu'en Allemagne ou en Royaume-Uni, elle augmente vraiment beaucoup. Donc, il y a une volonté, on va dire, politique de contrôler l'immigration du travail. Ce contrôle s'exerce en particulier sur des métiers qui sont peu qualifiés, qui sont en pénurie de main-d'oeuvre, mais qui sont aussi peu qualifiés dans la restauration, dans le nettoyage-assainissement, dans le soin et les services à la personne. Alors que probablement certains autres pays, comme par exemple l'Espagne que tu as cité, ont eu une politique un peu moins restrictive sur ces emplois-là.
Alors, on n'est pas là, évidemment, pour faire de la politique. Ce n'est pas notre rôle. Mais pour autant, une fois qu'on a les résultats de cette étude, de cette analyse, quelles recommandations on pourrait faire pour améliorer l'attractivité de la France auprès des travailleurs étrangers hautement qualifiés ?
La vraie politique pour sortir par le haut, entre guillemets, de ce sujet-là, c'est véritablement d'investir dans l'innovation. C'est-à-dire qu'il faut arriver à recréer des secteurs, que ce soit des secteurs industriels, des secteurs tech ou des services à très haute valeur ajoutée, qui permettent de créer des emplois de qualité pour pouvoir attirer non seulement des candidats des projets très qualifiés, mais aussi à moyen long terme, proposer aux actifs français des emplois aussi de meilleure qualité. Alors ça passe par la formation, parce qu'on n'a pas forcément en interne qu'un main d'œuvre nécessaire pour pouvoir pouvoir ses emplois. Mais véritablement, la réponse à moyen long terme, c'est l'investissement dans l'innovation. Par exemple, le fait de numériser beaucoup plus d'entreprises, à partir du moment où l'entreprise va être numérisée, elle va pouvoir faire de la data, de la donnée. Une fois qu'elle aura passé le cadre de la donnée, elle pourra déployer des solutions d'intelligence artificielle. C'est vraiment, on va dire, une montée en gamme à mener sur l'ensemble du système économique français. Dans le court terme, on aura probablement peut-être pas toutes les compétences pour assurer cette montée en gamme et ça nous permettra aussi d'aller chercher des compétences à l'étranger et d'être plus attractif. On aura des débouchés, des emplois disponibles de haute qualité. En moyen terme, je ne vois que cette solution-là, parce qu'on est en concurrence avec des pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, qui sont aussi des pays très dynamiques, très compétitifs, qui proposent aussi des postes très qualifiés. Et la France est souvent en retard sur ce domaine-là. Donc, les pays que j'ai cités auront en plus l'anglais comme langue de travail internationale. Donc, le fait d'avoir peut-être un certain nombre d'entreprises, en particulier des entreprises plus petites, des PME, où le fait de parler uniquement anglais, par exemple, n'est pas vraiment possible, parce que dans l'environnement de travail, la plupart des collaborateurs, sont peut-être pas forcément à l'aise avec l'anglais. Voilà, on a des barrières à surmonter. La vraie réponse, je pense, c'est de monter en gamme sur tous ces sujets d'innovation et de numérisation.
Évidemment. Alors, tu parles de l'anglais et ça tombe bien, on va continuer un petit peu, parce qu'il y a une autre analyse qui a été faite par tes homologues, d'ailleurs britanniques, du Hiring Lab. Une analyse qui montre des variations significatives de flexibilité linguistique selon les professions. Alors, on peut parler de nettoyage, conduite, beauté. Déjà, première question, est-ce que ces variations, elles se retrouvent en France ? Et quels sont les secteurs français, finalement, où la maîtrise du français est le moins exigée ? Et au-delà des différences de rémunération, quels facteurs peuvent expliquer les différences ?
Oui, alors il y a effectivement de fortes variabilités. Il y a à peu près 4% des annonces en France qui mentionnent le fait de parler français comme optionnel, on va dire. Et si on regarde les secteurs et les familles de métiers qui mentionnent ça le plus souvent, on tombe en réalité sur les usual suspects, les familles de métiers où il y a d'énormes pénuries de main d'oeuvre. Il y a eu les deux qui détachent vraiment, c'est propreté-hygiène avec plus de 11% des annonces qui disent qu'en gros parler français, c'est pas la peine, c'est optionnel. Celui qui arrive juste derrière, c'est la restauration. Cela s'explique encore une fois, par des pénuries de main d'oeuvre, c'est extrêmement difficile de trouver des candidats pour remplir ces emplois-là. Cela s'explique aussi par le fait qu'il y a souvent un contact limité avec des clients. Donc finalement, la maîtrise du français est jugée secondaire par de plus en plus d'employeurs.
Et si on parle d'exigence linguistique, cette même analyse au Royaume-Uni se compare à d'autres pays européens. Donc du coup, la France se situe comment par rapport à ces pays en termes d'exigence linguistique dans les offres d'emploi ? Quels facteurs spécifiques à la France peuvent expliquer la position ?
Je dirais qu'on est dans une position médiane. Au Royaume-Uni, par exemple, on est à 3% des offres qui mentionnent l'anglais comme étant optionnel. Pour les employeurs britanniques, la maîtrise de l'anglais est en moyenne plus importante que la maîtrise du français pour les employeurs français, mais pas beaucoup plus, on est à 3 contre 4. C'est aux Pays-Bas qu'on a le fait de maîtriser la langue locale comme étant le plus optionnel avec 8%. Ça s'explique essentiellement par le fait que le néerlandais est parlé essentiellement qu'aux Pays-Bas, que souvent l'anglais est la langue de travail et que beaucoup de néerlandais comprennent et parlent parfaitement anglais. Et sur la France, le fait finalement qu'on soit assez proche du Royaume-Uni, encore une fois 4% versus 3%. Ça s'explique, encore une fois, probablement par l'effet qu'on a dans beaucoup de secteurs et pour beaucoup d'entreprises, en particulier les plus petites, une socialisation au travail qui passe par la maîtrise du français, qui ne peut pas passer par l'anglais. Il y a beaucoup de salariés en France qui n'ont pas envie de parler anglais au travail ou à la cantine, ce qui se comprend d'ailleurs tout à fait. On estime en France que la socialisation au travail passe aussi par l'échange, par la langue. Donc il y a une réticence, il y a encore une réticence à parler anglais. C'est moins vrai, je pense, pour les grandes entreprises multinationales ou les équipes multinationales, on va dire, de par la formation des gens, de par le parcours, il y a peut-être moins de réticence à parler anglais, mais c'est vrai que les PME formant près de 50% des emplois en France, quand il y a une activité centrée sur la France purement française, bon, il y aura peut-être pas à parler anglais, tout simplement.
Évidemment. Merci beaucoup, Alexandre. Merci à toi d'avoir répondu à mes questions.
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