Le moral des salariés en temps d’incertitude

par Eric Gras

Jobnews by Indeed, c’est le podcast qui décrypte l’actualité de l’emploi. 

Le monde du travail traverse une période mouvementée, marquée par des difficultés de recrutement et des incertitudes économiques et politiques. Dans ce contexte, Indeed a publié une étude en collaboration avec Opinionway, intitulée “Valeurs Travail et Mobilité des Actifs Français”. Une enquête qui vise à sonder les perceptions et les attentes des travailleurs français, offrant ainsi un éclairage précieux sur leur état d’esprit.

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Ravi de vous retrouver sur Job Radio, merci à vous de votre fidélité dans un contexte de difficultés et d'incertitudes qui persistent, difficultés notamment de recrutement, incertitudes politiques et économiques. Prendre le pouls des Français dans cette période est évidemment essentiel. Et comment les travailleurs, justement, perçoivent-ils l'avenir du marché du travail, leurs propres situations professionnelles ? Quelles sont leurs envies aussi de mobilité professionnelle ? On va se poser toutes ces questions dans ce nouvel épisode de Job News by Indeed, le podcast qui décrypte l'actu de l'emploi tous les mois. Et pour ce faire, je suis ravi de recevoir Éric Gras.

Éric Gras, expert du marché de l'emploi chez Indeed. Alors au printemps dernier, vous avez réalisé chez Indeed un sondage OpinionWay, une étude baptisée « Valeurs travail et mobilité des actifs français ». Alors tout en rappelant évidemment le contexte particulièrement de difficultés actuelles, quels étaient finalement les objectifs, les enjeux de cette enquête ?

Alors, pour la première fois, en général, on essayait d'avoir un axe particulier. Et là, en fait, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses d'attente qui, de la part des actifs en France, qui allaient influencer leur situation personnelle, leur situation professionnelle, leur mental. Et donc, en effet, l'incertitude écologique, économique, politique, il y a énormément de choses. Et donc, on a voulu prendre le pouls des Français. Alors, pour le coup, on a regardé tout ça. On a fait plusieurs axes :
autour de la forte inflation, tout ce qui touche au pouvoir d'achat, la durée des carrières qui tend à s'allonger, sous-entendu l'allongement ou pas, retour en arrière ou pas du départ à la retraite. Les remous politiques aussi face à tout ce qui touche le pouvoir d'achat, le futur du marché du travail, l'évolution ou pas de l'indemnité des demandeurs d'emploi, tout ce qui touche à l'IA aussi dans les entreprises. Donc, les emplois vont-ils être menacés ? Lesquels ? Comment ? Pourquoi ? Etc. Et sans oublier les changements parfois radicaux liés au Covid. On a tendance à l'oublier. C'était il y a déjà quatre ans, seulement quatre ans. Mais ça laisse des traces assez durables par rapport à la mobilité des candidats, notamment télétravail ou pas, parce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui disent est-ce que je ne reviens pas au modèle d'avant en 100% présentiel ? Donc voilà, toutes ces questions-là pour prendre le pouls des actifs en France.

Alors, quelques mots évidemment sur la méthodologie. Ce sont combien de personnes qui ont été sondées dans le cadre de cette étude ?

Alors, toujours pareil, il faut que l'échantillon soit représentatif. C'est toujours plus de 1000 personnes. Donc là, on a interrogé 1165 personnes représentatives de la population active en France, âgées de 18 ans et plus. Et d'un échantillon de personnes qui travaillent à leur compte aussi, donc des auto-entrepreneurs, des professions libérales, afin d'atteindre un total de 230 travailleurs indépendants et avoir donc ce double échantillon d'actifs en France.

On l'a dit, ce contexte économique incertain nous entraîne à nous poser énormément de questions et de s'interroger aussi finalement sur les préoccupations actuelles, concrètes des Français. Quelles sont-elles finalement ?

Encore et toujours, malgré un retour à la quasi normale, l'inflation, en premier, avec 60% des personnes interrogées qui le classent en priorité absolue. 24% disent que c'est même leur sujet d'inquiétude
majeur. Donc la hausse des prix et en sous-texte la baisse du pouvoir d'achat, qui arrive loin devant les autres thèmes.

En deuxième, on a quand même l'environnement. Donc le dérèglement climatique, la pollution, etc. figurent parmi les sujets les plus préoccupants, pour 39% de la population active. Donc 60% pour le pouvoir d'achat. 39% quand même, . C'est assez conséquent. Oui, on ne s'attendait pas du tout à ça, nous, à travers cette étude.

Ensuite arrive presque ex aequo l'insécurité, quand même. Donc là aussi, le sujet de l'actualité en parle beaucoup.

L'instabilité au niveau mondial, conflits, tensions, là pour le coup… On est servi. On est servi, hélas.

Et la baisse de la protection sociale sont également citées respectivement par 34 et 33% du panel.

Alors si on s'intéresse maintenant à la perception des actifs vis-à-vis du marché du travail, là aussi, quelle image ils en ont ?

Alors 63% d'entre eux ont une vision plutôt négative de l'avenir du marché du travail, contre 31% qui se montrent plutôt positifs. Donc ce n'est même plus une majorité, c'est un plébiscite qui est plutôt inquiet. Et parmi ces 63% de négatifs, ils déclarent notamment être inquiets et pessimistes pour 24%, anxieux pour 10%. Et la notion d'être pessimiste et anxieux affiche quand même deux degrés d'inquiétude assez
différents. Donc ça, c'est quelque chose qu'on va suivre dans le temps. En revanche, quand la question concerne leur propre avenir professionnel, l'adjectif le plus souvent choisi par les actifs est serein à 19% donc c'est pas une majorité absolue et 52% des sondés expriment une vision positive de ce que réserve leur carrière donc en gros ils disent je suis inquiet par rapport au contexte actuel mais je suis plutôt confiant quand même dans un avenir lointain donc. Et confiant dans ma capacité à rebondir, à trouver un emploi ou à trouver le bon emploi.

Alors, la question du salaire a toujours été centrale, évidemment, quel que soit le contexte. Là, je dirais que le contexte est encore un peu plus favorable, je dirais, à se poser ce type de questions. Quelles sont les craintes, justement, des travailleurs en matière de revenus dans cette période toujours d'inflation ?

Alors, je rappelle juste qu'on est quand même dans un contexte où on parle de plus en plus de transparence sur les salaires et qu'il y a toujours une directive européenne qui a été actée. Donc, la France, il lui reste un an et demi, en gros, pour passer à l'action. Et donc, une loi va imposer à toutes les entreprises de plus de 20 salariés une loi de transparence sur les salaires, c'est-à-dire d'avoir une grille interne et d'afficher obligatoirement une fourchette de rémunération sur tous les emplois.

Ça, c'est une vraie bonne chose. Et puis, on rappelle qu'il invite d'ailleurs vous inciter les entreprises à communiquer dans les offres qu'elles publient, effectivement, leur grille de salaire.

Absolument. De toute façon, en termes de ranking et de visibilité, une offre d'emploi qui n'a

Et il y a une distinction avec les travailleurs indépendants ou ce sont les mêmes analyses qu'on fait ?

Non, alors il y a une crainte plus forte chez les travailleurs indépendants et notamment l'autre population aussi qui est très inquiète par rapport à ça, ce sont bien sûr les moins de 35 ans. À 81%, donc les jeunes ont beaucoup plus de mal à démarrer dans la vie, à s'en sortir. Et les femmes, qui sont toujours les publics les plus discriminés par rapport à la rémunération. Et je rappelle que la citation à faire cette loi est liée de cet écart entre les hommes et les femmes. Et il y a une étude récente qui a été faite au printemps et qui a encore montré aujourd'hui, en faisant des tests, que pour la même offre d'emploi, il y avait à peu près 30% d'écart de salaire proposé à un homme et une femme pour le même job dans la même entreprise.

Et on rappelle, nous sommes en 2024. Si on parle du pourcentage d'actifs maintenant qui s'inquiètent de ne pas pouvoir s'épanouir dans leur vie professionnelle future, quelles sont les proportions, quels sont les chiffres ? Que nous dit, que nous révèle cette enquête ?

Quand on leur demande quels sont les trois points qui les inquiètent le plus concernant leur avenir
professionnel, 37% répondent qu'ils craignent de perdre en qualité de vie au travail. Donc ce rapport qualité de vie au travail qu'on avait un peu mis de côté revient vraiment sur l'avant de la scène. À job équivalent, à pénibilité équivalente, à salaire équivalent, la qualité de vie au travail, la qualité de management fait vraiment la différence, donc de très loin. Que ce soit lié à une ambiance entre collègues par exemple, mauvaise organisation ou le management, donc c'est les trois points qui ressortent. Le deuxième point, c'est une inquiétude quant à leur capacité à rester motivé au travail. Et le dernier point, c'est la peur de s'ennuyer dans le travail et d'avoir un travail qui n'est pas en phase avec ses valeurs. Donc en gros, c'est une recherche d'engagement fort et d'engagement réciproque et de respect réciproque. Donc je cherche une entreprise et une équipe et un modèle de management qui me reconnaît, qui me valorise et qui me juge en fonction de mes résultats, de mes qualités intrinsèques et pas uniquement par rapport à ce que je représente.

La notion valeur a pris une dimension hyper importante. Si on s'intéresse maintenant aux actifs qui se sentent malgré tout, malgré le contexte, prêts quand même à prendre des risques dans leur carrière. Là aussi, est-ce que l'enquête révèle des choses particulières ?

Oui. Aujourd'hui, la moitié des actifs se sentent prêts à prendre des risques au niveau professionnel. D'ailleurs, plus de 60% du trafic d'indeed, c'est ce qu'on appelle des candidats plus ou moins passifs. Donc des gens qui sont en poste et qui sont en veille. Plus ou moins actives. Donc, c'est des gens qui ne sont pas satisfaits de leur travail et qui regardent d'autres opportunités. La dipeu, il va y avoir un coup d'accélérateur avec à nouveau des turnovers et des démissions un peu plus importantes.

C'est un cycle sans fin. Tout à l'heure, tu en as parlé dans ton introduction de la durée des carrières, l'allongement de la durée de carrière. Les préoccupations en la matière des actifs, c'est quoi ?

75% des actifs se disent inquiets en ce qui concerne l'âge de départ à la retraite. C'est considérable. Même les salariés seniors de 50 ans ou plus expriment cette inquiétude dans une très large majorité à 66%. Alors qu'ils sont moins impactés. ce qu'on sait aujourd'hui, quand on a 50 ans ou plus, a priori, à peu près à quel âge on va partir, 64, 65, 67, mais en tout cas, on a quand même une fenêtre de tir. Les femmes et les moins de 35 ans et les travailleurs de CSP populaire, donc plutôt col bleu, sont encore plus nombreux à appréhender l'allongement des carrières. Une fois de plus, c'est toujours les mêmes
publics qui souffrent le plus. Les femmes sont trop souvent dans des situations de précarité accrue, d'autant plus quand elles ont pris un congé parental. parentale, maternité, mais congé parental aussi, avec toujours ce… Cette réflexion qui, moi, m'insupporte. Vous avez un trou de trois ans dans votre CV. Qu'est-ce que vous avez fait pendant trois ans ? Vous n'avez rien fait. Alors que quand on élève des enfants, je m'adresse à toutes les mamans qui nous écoutent. On sait qu'on développe de nouvelles compétences, même quand on n'est pas papa, d'ailleurs. Mais clairement. Et on rappelle qu'on est encore en 2024 aussi. Oui, absolument. Donc, c'est vraiment ces publics qui sont extrêmement inquiets par rapport à ça. Parce que, bien sûr, il y a une durée de cotisation. Et sur les métiers col bleu, tous les métiers à forte pénibilité aussi sont beaucoup plus inquiets. Parce que quand on a un métier qui est usant physiquement partir à 60 ans déjà pour beaucoup c'est pas évident et si demain pour quelqu'un qui a 25 ans peut-être ou 30 ans aujourd'hui dans un métier extrêmement physique. Potentiellement une retraite à taux plein pour lui ça sera peut-être 67 ou 70 ans on sait pas.

C'est difficilement, imaginable quoi exactement à moins de trouver une reconversion peut-être professionnelle en fin de carrière mais c'est pas toujours évident non plus.

Et une dernière petite phrase qui à chaque fois fait réagir, sourire ou pas dis-moi 78% du panel déclare même avoir peur de décéder avant d'avoir l'âge de partir à la retraite. 78%. Donc, ça veut dire qu'il y a une vraie prise de conscience de se dire, par rapport à tout ce qu'on a connu avant, en gros, je vais devoir bosser très longtemps. Donc, ça veut dire qu'il va falloir que j'anticipe, que je change de travail et que si je veux voyager, si je veux m'accorder un certain nombre de plaisirs, Comme c'était le cas avant où je disais j'attends la retraite, là, ça ne sera peut-être plus le cas.

Alors, cette enquête, elle est vraiment complète pour le coup, parce qu'elle s'est intéressée aussi à l'attractivité des pauses professionnelles pour les actifs français. Alors justement, c'est quoi leur profil et quels sont ceux qui sont, je dirais, les plus enclins à envisager une pause prolongée dans leur carrière ?

Alors, ça découle exactement de ce qu'on vient de dire avant. C'est-à-dire qu'avant, c'était j'ai un job, potentiellement même une entreprise toute ma vie. Ensuite notre génération c'était un peu plus un job et deux, trois, quatre entreprises peut-être tout au long de sa vie. Et là, ceux qui arrivent vont se dire, je vais faire plusieurs jobs dans plusieurs entreprises et même plusieurs formes de contrats de travail et peut-être même des pauses, puisque justement, je ne vais pas attendre d'être à la retraite pour m'accorder du temps, pour faire du bénévolat, pour voyager, etc. Et donc, on a 34% des répondants, donc un bon tiers, qui envisagent de faire une pause dans leur carrière professionnelle, que ce soit un congé sabbatique, congé sans solde de longue durée, pause de carrière, etc. Et 16% disent même avoir des plans assez précis à ce sujet. Donc c'est quelque chose qui est quand même assez réfléchi. Et cette aspiration, elle concerne tout type de travailleurs, mais avec une très forte majorité pour les travailleurs de moins de 35 ans qui ont justement beaucoup plus de mal à se projeter sur le très long terme au regard de cet allongement de durée de travail.

Alors on replonge dans le contexte politique. Au moment où on enregistre ce podcast, on n'a toujours pas de gouvernement. On a un Premier ministre qui a été nommé, mais on n'a toujours pas de gouvernement. Alors pourquoi je parle des politique, justement, c'est ce qui peut être intéressant. En tout cas, vous êtes allés sonder aussi au travers de l'enquête les actifs sur cette question-là. C'est de savoir comment ils percevaient l'implication, justement, des dirigeants politiques dans leurs préoccupations du quotidien.

Alors, c'est très intéressant. En gros, ils n'attendent pas grand-chose des politiques. Ils estiment à 61% que les dirigeants politiques ne comprennent pas bien les enjeux des salariés, qu'ils sont un peu "hors-sol". Et en comparaison, quasiment le même pourcentage, 62% considèrent que leur supérieur hiérarchique, leur direction d'entreprise, eux comprennent bien, en revanche, ces préoccupations. Donc il y a un désir réel d'être un peu plus dirigé, managé, par des faiseurs plutôt que par des diseurs. La réforme des retraites, adoptée il y a un an et demi alors qu'une majorité de Français était contre, est l'une des pistes d'explication de cette perception.

Quelles sont maintenant les mesures visantes à amener les chômeurs à retrouver un emploi, qui recueillent, je dirais, un soutien majoritaire auprès des actifs sondés ?

Alors là aussi, contrairement aux idées reçues, les Français veulent bosser et donc ils sont plutôt favorables à une réforme de l'assurance chômage. Les actifs préfèrent la formation et les mesures incitatives à la diminution de la durée d'indemnisation des chômeurs, quand même. Donc c'est en gros, on n'a pas de problème pour essayer de travailler, mais quand même, accompagnez-nous et donnez- nous les moyens parce qu'il y a quand même toujours un écart important entre le degré d'exigence des entreprises et les compétences disponibles. Une large majorité de répondants, 68%, s'expriment également en faveur de la mise en place de travaux d'intérêt général pour les chômeurs de longue durée. C'est pour ça que je dis… C'est assez surprenant. C'est très surprenant. Chômeurs de longue durée supérieurs à deux ans, par exemple. Pour favoriser leur réinsertion professionnelle, 65%, donc quasiment la même proportion, se disent aussi en faveur de sanctions appliquées aux demandeurs d'emploi qui refusent des offres d'emploi pertinentes pour eux. Cette précision, elle est essentielle. La notion de
pertinence, c'est lié notamment au matching des compétences et surtout à la mobilité géographique aussi. Et donc, ce qui compte, c'est de tenir compte de ce que recherchent les candidats. La mobilité est vraiment un facteur primordial pour tous les actifs qui disent que c'est très compliqué de déménager ou de faire déménager sa famille pour trouver un job. Donc la notion de proximité géographique, elle est vraiment importante.

J'en profite, je rebondis d'ailleurs là-dessus, sur cette question de la mobilité. C'est quoi le pourcentage d'actifs qui estiment que les difficultés à trouver un logement pourraient les amener justement à refuser un poste intéressant dans une autre région ?

73%. Je pourrais m'arrêter en te donnant ce chiffre-là. Il est très parlant. Ça serait juste par contrainte s'ils n'ont vraiment pas d'autre choix. 80% estiment qu'il est difficile de changer de logement en France actuellement. Alors déjà, de façon générale, ce n'est pas simple. Mais aujourd'hui, on voit à quel point c'est compliqué d'avoir un dossier qui tienne la route, même quand on est deux à travailler, etc. Ce n'est pas simple. Donc en plus, si tu changes de travail, ça veut dire que tu es en période d'essai. Donc les banques sont encore plus frileuses. Donc c'est extrêmement compliqué. Et je dis souvent que quand on a une famille, en plus, ça n'engage pas que soi. Ça engage aussi tout le reste, son conjoint, ses enfants. Donc c'est très, très compliqué.

En conclusion, finalement, Eric, du côté d'Indeed, vous en tirez quels enseignements de cette étude ?

En gros, les Français sont globalement inquiets et pessimistes concernant le futur du travail, du marché de l'emploi, l'avenir de la protection sociale des salariés, l'allongement des carrières. À propos du vieillissement de la population, on peut aussi parler de ses conséquences sur la santé. Travailler plus longtemps, mais dans quel état ? L'augmentation du nombre de personnes concernées par des maladies chroniques liées à la vieillesse aussi, tout ça rentre en compte donc dans un tel contexte d'incertitude, les Français attendent un certain nombre de filets de garantie, de garantie rassurante c'est très franco-français, c'est vrai qu'on n'est pas dans un pays anglo-saxon, on a été habitué à ça et là pour le
coup, on est dans une incertitude globale sur tous les points qu'on a cités dès le début de cette émission et donc ils ont besoin d'avoir un cap, qu'on leur dise les choses. Par exemple, sur l'allongement de la durée des retraites, on en a parlé ensemble il n'y a pas très longtemps, il y a une vraie prise de conscience. C'est-à-dire que les gens ne sont pas forcément pour, mais acceptent qu'il va falloir travailler plus longtemps. Et donc, ils vont commencer à anticiper des aménagements de carrière, etc. Pour s'adapter à cet allongement. Mais il faut un cap clair et il faut des mesures d'accompagnement claires également.

Que ce soit clair et qu'on soit soutenu, en gros. Un grand merci, Eric, d'avoir répondu à mes questions.

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